Que m’apporte le CONFINEMENT ?

Que m’apporte le confinement ?

Nous sommes le mercredi 08 avril 2020. C’est le vingt-deuxième jour de confinement.
Peut-être est-ce le moment de me poser deux questions essentielles.  Parce que c’est une période unique dans la vie de nombreux d’entre nous.

Que m’apporte le confinement ? Mais aussi, qu’est-ce que j’apporte au confinement ?

Etat des lieux

Nous voici donc dans une prison dorée, notre maison ou notre appartement. C’est le lieu où nous sommes supposés être au mieux.  Nous en avons choisi le cadre, les meubles, les tapisseries.

Nous sommes avec ceux qui composent notre foyer, que nous avons choisi (je ne parle pas des personnes, femmes, hommes, enfants, qui sont emprisonnés dans un environnement violent et hostile).
Mais nous pouvons considérer dans la majorité des cas que nous récoltons aujourd’hui les fruits de l’environnement que nous avons créé.

Le meilleur des mondes

Si je vis dans une jolie petite maison lumineuse, entourée d’un jardin magnifique de couleurs et de senteurs, peuplé par tous les êtres qui viennent s’y nourrir et le nourrir de leur présence, c’est parce qu’à une période de ma vie, j’ai choisi de mettre mon énergie dans la création d’un espace de ressourcement qui me ressemble.
J’avais donc émis l’intention forte de trouver mon endroit idéal, avec éventuellement, la ou les personnes de mon choix. Et un jour je l’ai trouvé. Mon cœur m’a offert la possibilité de bâtir ce lieu issu de mon imagination. Je l’ai pensé tellement fort qu’il m’a été proposé. Je l’ai tellement voulu qu’il est devenu réalité.
Les circonstances se sont assemblées pour me donner l’opportunité de réaliser mon projet.

Cet intérieur, je l’ai dessiné tel que je suis, avec les vibrations qui m’animent, tel mon intérieur, celui de mon Être.

J’ai maintenu l’énergie de création en l’adaptant progressivement à mon identité. Mon intérieur me va comme un écrin. J’y respire l’air qui me convient. Mes yeux se posent sur les objets, les images, les meubles, les couleurs que j’ai choisis.

Bien sûr, si je suis en couple ou en famille, j’ai pris soin de trouver les consensus pour que chacun y ait sa place, s’y sente chez lui, et non de passage, en invité.

Dans ce cas, le confinement est un trésor qui m’offre du temps à passer chez moi avec ceux qui composent ma famille, ou les amis avec qui je me suis rassemblé.

Une autre réalité

Mais si cet intérieur n’est pas vraiment à mon image, si j’ai repoussé chaque occasion de rectifier la vibration de mon lieu de vie, si je n’ai pas osé en partir, ou me séparer de celui ou de celle avec qui je le partage, si j’ai fermé les yeux sur ce que je n’aime pas… je me retrouve aujourd’hui avec tout ce que j’ai négligé de régler.

 – Je n’ai pas pu partir, je n’avais pas d’argent, et puis c’était impossible de trouver mieux…

 – Je n’ai pas voulu révolutionner ma vie en imposant mes opinions à mon entourage, pour ne pas entrer dans des querelles épuisantes. J’étais trop fatigué, je n’avais pas assez d’énergie… Aujourd’hui je le regrette, je n’en peux plus de vivre chez moi. Je ne supporte plus mon intérieur.

Effectivement, il manque tous les aspects que j’ai mis de côté. Il me reste les ressentiments.

 – J’ai choisi d’être dans un appartement pour ne pas avoir à m’occuper d’un jardin. Quelle corvée ! Je n’en ai pas le temps. J’aurai un jardin plus tard, lorsque je serai à la retraite… D’ailleurs je n’y passe pas vraiment de temps dans cet appartement. Je m’en éloigne dès que je peux. Je sors pour respirer.

Cet intérieur n’est donc pas à mon image ?

Je peux aussi être dans un appartement parce que j’e n’ai pas trouvé de maison à mon budget. Mais je sais que ce n’est que temporaire et j’ai la patience qui me permet d’aimer mon quotidien dans cet univers restreint. D’ailleurs c’est petit comme un cocon, une cellule confortable.
Et peut-être y a-t-il des arbres dans mon champ de vision qui me permettent de me connecter à la Vie ?

Mais je peux aussi avoir choisi de vivre en centre ville, parce que c’est plus pratique. Je n’ai pas besoin de prendre ma voiture pour faire de courses. Et j’aime le rythme de la ville, ses distractions. Alors j’ai fait l’impasse de mon intérieur, parce que je suis plutôt tourné vers l’extérieur. J’aime le bruit, la musique des bars, rire avec des copains, sortir, échanger, voir du monde. Et si on m’impose de rester à l’intérieur, j’en souffre, parce que je n’aime pas vraiment mon propre intérieur.

Face à face avec soi-même

Est-ce que je me connais ?
Me suis-je déjà posé si longtemps avec mon être comme interlocuteur ?

 – Si je réfléchis trop, je vais broyer du noir!

Ça signifie donc que je nie depuis fort longtemps tout ce qui compose mon être, toutes les fondations de mon individualité. Si je n’aime pas l’endroit où je vis actuellement, ou la personne avec qui je suis aujourd’hui, à quel moment ai-je commencé à nier mes propres besoins ? Quelles sont les souffrances que je refuse de voir, par peur de les appréhender ?

Le confinement aujourd’hui m’apporte ce temps précieux de l’introspection.

Le monde change, j’en suis le créateur.

Mais mon monde à moi ne changera pas si je ne suis pas prêt à en changer les fondations. Si je ne suis pas prêt à vérifier les bases sur lesquelles je me suis établi.

Suis-je à la bonne place ? Avec la bonne personne ?

Suis-je heureux de ma vie, de ce que j’ai accompli jusqu’ici ?

Ai-je le sourire lorsque je lis ces mots ? Où est-ce qu’ils m’agacent un peu ?

J’ai souvent de très bonnes raisons de ne pas être au bon endroit. J’en donne la responsabilité au manque de chance, ou d’argent, ou d’allié, ou d’énergie, ou…
Les raisons sont nombreuses pour se donner l’excuse de s’être négligé, d’avoir occulté ses propres besoins.

Retrouver son propre chemin

C’est donc le moment de réfléchir à ce que j’aimerais changer, et à tout ce que je dois déplacer pour y parvenir.

Chaque route, aussi longue soit-elle, n’est qu’une succession de pas. Et nous ne faisons qu’un pas à la fois, avec un pied, puis avec l’autre.

Est-ce que l’enfant abandonne son intention de marcher parce qu’il n’arrive pas à se mettre debout ? Est-ce qu’il se décourage parce qu’il est déjà tombé vingt fois ? Non, l’enfant se redresse, et tente à nouveau. Il se fait mal parfois, pleure de douleur et de découragement. Cela évacue sa peine, et il recommence.  Car il ne doute pas, n’abandonne pas.

Mais moi, quand je vois le chemin à parcourir, je calcule le temps que ça va me prendre et l’énergie que je vais devoir fournir.

 – Ma relation de couple est instable et violente, mais c’est au-dessus de mes forces de fuir, et encore davantage d’entrer en conflit.

 – Mon travail est épouvantable. Mes collègues, ou ma hiérarchie, sont odieux. Cela impliquerait de me positionner, de dire stop. Mais je préfère renoncer. Ce n’est pas le moment. Mon compagnon ne va pas approuver, mon banquier non plus. Alors je laisse tomber et abandonne l’idée. Je verrai plus tard. Ca va peut-être changer tout seul.

Et contrairement à l’enfant, je préfère arrêter d’essayer de me mettre debout pour avancer. J’attends d’être un peu plus grand, plus tard …

Cette période de confinement m’offre le temps qui me manquait jusqu’ici pour réfléchir à ce que je souhaite vraiment dans ma vie, à ce que je souhaite vraiment de la Vie.

Et nous en venons à la seconde question…

… qu’est-ce que j’apporte au confinement ?

3 réponses sur “Que m’apporte le CONFINEMENT ?”

  1. Ce confinement me donne du temps pour moi pour me pauser voir la nature rester dans mon jardin. ..Je vis seule et j’ai choisi cette belle maison avec son jardin rempli d’êtres de la nature Je suis très heureuse d’avoir fait ces choix Avec des amies nous travaillons par téléphone sur nous et chacune avance à sa vitesse C’est merveilleux ! Vive le confinement !

  2. Je suis heureuse de constater que je suis heureuse dans mon appartement ! je m’y sens bien, apaisée ; pendant le confinement, j’ai fait plein de choses qui sont différentes de celles que je fais habituellement, et qui me plaisent. Puis surtout, je prends le temps … pour tout faire ; j’ai un rythme tranquille, qui me va comme un gant ! Mon intérieur me plaît, mes plantes sont belles, mon balcon me permet de profiter du soleil, de voir les montagnes ; lui aussi est bien aménagé et j’aime y passer du temps ! alors, merci au confinement de m’avoir permis de confirmer que je suis bien là où je suis, chez moi ! 🙂

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